23.01.2008

Un siècle de brassage à Champigneulles

Un siècle de brassage à Champigneulles

 

 

La brasserie de Champigneulles est née de la rencontre de Victor Hinzelin, le financier et d'Antoine Trampitsch, le brasseur d'origine tchèque devenu français quelques années auparavant.

 

Ayant trouvé une source et un terrain intéressants à proximité de Nancy , Antoine Trampitsch, convint Victor Hinzelin de l'aider à monter une grande brasserie. En 1897 la "Société de la Grande Brasserie de la Moselle Champigneulles Nancy " est fondée. La construction des bâtiments est confiée à l'architecte nancéien Félicien César et, le 24 juin 1898, les premiers litres de bière sont vendus.

 

Dès 1899, l’objectif de 25 000 hectolitres de production annuelle est atteint, Trampitsch agrandit, modernise, progresse. Il brasse 100 000 hl en 1906, 200 000 en 1911.

 

Champigneulles est devenue la plus grande brasserie française et la courbe ascendante des ventes se poursuit : 300 000 hectolitres en 1917, 400 000 en 1930. La course aux rachats commence avec la Brasserie d'Einville (1927) et celle de Nancy (1932). Mais la guerre arrive et avec elle, les difficultés d’approvisionnement, les réquisitions des matériaux, les bombardements...

 

Victor Trampitsch (le fils d'Antoine à la tête de la brasserie depuis 1940) veille. Le moment venu, il absorbe les brasseries de Melun, Longwy, Vittel, Bar-le-Duc, Tantonville, Maxéville (pour moitié avec Charmes).

 

Quelques années plus tard, une politique de fusion est menée pour s’associer à Toulouse, Chambéry, Aurillac, Montmorillon, Angoulême, Sochaux, Belfort, Besançon, Morteau, Denain, Eu, Charmes, et enfin, en 1966, avec les brasseries de la Meuse.

 

L’ensemble ainsi réuni prend le nom de "Société Européenne de Brasseries" : la S.E.B.

 

Avec 6 millions d’hectolitres annuels produits dans ses 23 usines, la SEB devient le plus grand brasseur européen. Mais la concurrence est dure, il faut fermer de nombreuses unités. En 1970, la S.E.B. et est elle-même absorbée par Boussois Souchon Neuvesel (BSN) qui réorganise la gamme sous le chapeau de "Maître Kanter", patronyme acquis avec la brasserie de Charmes en 1966.

 

En 1980, l’engouement pour les bières de "luxe" ne compense pas la baisse de la consommation des bières "ordinaires". BSN ferme plusieurs sites et concentre la plus grosse partie de sa production à Champigneulles où plus de 400 millions de francs sont investis entre 1984 et 1986.

 

En 1986, BSN réunit sous sa coupe les deux grands de la brasserie française sous le nom de SA. "Kronenbourg". Association qui, avec ses quatre sites de production, Obernai, Champigneulles, Strasbourg et Rennes tient plus de 50% du marché français. Champigneulles y perd une partie de son autonomie : la direction du groupe et le centre de recherche et développement (le Tépral) sont désormais à Strasbourg.

 

En 1994 BSN, numéro un de l'agroalimentaire en France, prend le nom de son produit phare : Danone. Cependant l'image de la bière cadre mal avec celle que Danone veut donner d'elle au grand public, aussi en 1999 Kronenbourg est-il vendu à un géant mondial de la brasserie l'écossais Scottisch & Newcastel.

 

La baisse de la consommation, la volonté de compression des coûts de production conduisent le groupe à fermer deux de ses quatre sites français : Strasbourg puis Rennes. Enfin en 2006 à revendre l'usine de Champigneulles à l'allemand Frankfurter Brauhaus qui brasse en France principalement de la bière destinée au circuit des hard discounters.

 

Dans le jeu de Monopoly géant auquel se livrent les grands financiers internationaux, le groupe Scottisch & Newcastel est lui-même en cours d'absorption (pour  un peu plus de 10 milliard d'euros) par deux autres géants de la brasserie : Heineken et Carlsberg.

 

A qui le tour ?

 

 

Benoît Taveneaux

 

23 janvier 2008

 

Commentaires

bon courage

Ecrit par : koetz | 01.02.2008

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